Permis Jeunes Professionnels au Canada : le mode d’emploi quand on travaille en TI

Mis à jour le 15 septembre 2026

Le permis Jeunes Professionnels, c’est celui qu’on obtient quand on a déjà une offre d’emploi canadienne en main. Pas de tirage au sort, pas d’EIMT, pas de CAQ au Québec. Ton futur employeur dépose l’offre dans un portail, paie 230 $ CA, et ta demande de permis se traite en 56 jours une fois le dossier complet. Tous les codes CNP du numérique y sont admissibles, sans exception.

Et c’est la voie la moins empruntée : sur près de 7 000 personnes qui nous ont déclaré leur situation, 109 seulement sont arrivées avec un permis de travail fermé. Pendant ce temps, 3 052 nous disent n’avoir ni visa ni permis, et 1 845 cochent « aucune idée, aidez-moi ». Si tu es dans ce cas, franchement, c’est normal — et cette page est faite pour toi.

C’est quoi le permis Jeunes Professionnels, concrètement ?

C’est l’un des trois volets du programme Expérience internationale Canada (EIC), l’accord de réciprocité qui permet aux jeunes de certains pays de venir travailler ici. Les trois volets :

  • Vacances-travail — le fameux PVT. Permis ouvert, tu travailles pour qui tu veux, mais tu passes par un tirage au sort.
  • Jeunes professionnels — celui qui nous intéresse. Tu as une offre d’emploi, tu viens la remplir.
  • Stage coop international — pour un stage obligatoire dans ton cursus.

En gros, le Jeunes Pro, c’est la version « j’ai déjà signé » de l’expatriation. Les règles côté IRCC tiennent en quatre points :

  • Il te faut une offre d’emploi rémunérée, liée à ton développement professionnel. Pas de travail à ton compte.
  • Le permis est fermé : un employeur, un lieu de travail, pour toute la durée.
  • Le poste doit relever des niveaux TEER 0, 1, 2 ou 3 de la Classification nationale des professions. Tu verras parfois écrit FEER : c’est le même sigle en français.
  • Tu dois avoir entre 18 et 35 ans, la borne haute dépendant de ta nationalité, et la durée va jusqu’à 24 mois selon le pays.

Le reste — dates d’ouverture, places disponibles, nombre de participations — se lit sur la fiche de ton pays, et elle seule fait foi.

Est-ce que mon métier passe ? Oui, et voici pourquoi

C’est la première question qu’on nous pose, et la réponse est rassurante. Le volet demande un poste en TEER 0 à 3. Or, sur les seize codes CNP qui couvrent le numérique au Canada :

  • douze sont en TEER 1 — développeur back-end, front-end, fullstack, mobile, DevOps, data, sécurité, architecte, analyste d’affaires…
  • un est en TEER 0 — 20012, gestionnaire des systèmes informatiques ;
  • trois sont en TEER 2 — 22220 réseau, 22221 soutien aux utilisateurs, 22222 assurance qualité.

Autrement dit : quel que soit ton code, tu es dans la fourchette. Aucun métier TI ne tombe en TEER 4, le seul niveau qui poserait une condition supplémentaire.

Encore faut-il mettre le bon code. C’est là que ça coince le plus souvent dans les dossiers qu’on accompagne : IRCC ne lit pas ton titre de poste, il lit l’énoncé principal de la profession et la plupart des fonctions principales, tels que ta lettre d’emploi les décrit. Un « Software Engineer III » n’existe pas dans la CNP ; ce qui compte, c’est ce que tu fais de tes journées.

Si tu hésites, on a monté un outil pour ça : trouver son code CNP quand on travaille en TI.

💡 Conseil Maplr : l’erreur qu’on voit revenir le plus, c’est l’analyste QA classé en TEER 1 alors que 22222 est en TEER 2. Ça reste admissible au Jeunes Pro, aucun souci — mais ça change tout plus tard, pour la résidence permanente. Autant partir avec le bon code dès la lettre d’offre, parce qu’un code qui change entre ton profil et ton contrat, ça se voit.

Tu es français·e, belge, ou d’ailleurs ? Ça change tout

EIC n’est pas ouvert à tout le monde : il repose sur des accords bilatéraux, pays par pays. Et sur ce point, il y a une différence que presque personne ne précise.

  • France : les trois volets sont ouverts, Jeunes professionnels compris. Et si tu pars en Volontariat international en entreprise, c’est par ce volet-là que ta demande passe côté canadien.
  • Belgique : seul le volet Vacances-travail est ouvert. Le Jeunes Pro n’existe pas pour un passeport belge — c’est le PVT, puis un permis de travail classique une fois sur place.

Et si ton passeport n’est pas celui d’un pays partenaire ? C’est le cas de la majorité des personnes qui nous écrivent : après la France, les nationalités les plus représentées chez nos inscrit·es sans permis sont marocaine, sénégalaise, tunisienne, camerounaise, algérienne et ivoirienne. Aucune n’a accès à EIC.

Ce n’est pas une mauvaise nouvelle, c’est juste une autre porte. Le permis de travail classique, celui qui passe par une offre d’emploi et une dispense d’EIMT au titre de la Mobilité francophone, reste grand ouvert — et c’est par là que passent la plupart des profils TI qu’on accompagne. On a fait le tri dans les voies qui fonctionnent encore en 2026, et si tu veux le raccourci, notre outil te dit en quelques questions lesquelles te sont réellement ouvertes.

Ce que ton futur employeur doit faire (et pourquoi ça le rassure)

C’est le passage que tu peux transférer tel quel à une entreprise qui hésite. Recruter quelqu’un en Jeunes Pro, côté employeur, c’est trois choses :

  1. Créer un compte dans le Portail des employeurs d’IRCC et y déposer l’offre d’emploi, une fois que tu as reçu ton invitation à présenter une demande.
  2. Payer 230 $ CA de frais de conformité. C’est tout. Pas de dossier de 40 pages.
  3. Te transmettre trois pièces : le numéro d’offre d’emploi — il commence par un A suivi de sept chiffres —, la preuve de paiement des frais, et la lettre d’offre signée.

Et surtout, les deux absences qui font toute la différence :

  • Aucune EIMT. Pas d’étude d’impact sur le marché du travail, pas d’affichage de poste à prouver, pas de délai de plusieurs mois.
  • Aucun CAQ au Québec. Le gouvernement québécois classe explicitement EIC parmi les accords de réciprocité qui dispensent du Certificat d’acceptation du Québec.
💡 Astuce Maplr : quand une entreprise québécoise nous dit « on ne fait pas d’international, c’est trop lourd », elle pense à l’EIMT. Montre-lui ces deux lignes. On a vu des processus se débloquer en une réunion, simplement parce que le responsable RH a compris qu’il n’y avait ni étude de marché ni certificat provincial à obtenir — juste un formulaire et 230 $.

PVT ou Jeunes Professionnels : lequel te sert le mieux ?

Les deux sont dans EIC, les deux mènent à travailler ici. Mais ils ne répondent pas à la même situation.

  PVT — Vacances-travail Jeunes Professionnels
Offre d’emploi Pas nécessaire Obligatoire, avant de déposer
Type de permis Ouvert : tu changes d’employeur quand tu veux Fermé : un employeur, un lieu
Sélection Tirage au sort dans le bassin Pas de tirage si des places restent
Belgique Ouvert Pas ouvert
Ce que ça donne De la liberté, et le temps de chercher sur place Un poste qui t’attend, et un salaire dès l’arrivée

Dans les faits, chez nos inscrit·es, 608 personnes sont arrivées en PVT contre 109 avec un permis fermé. Le PVT domine largement — mais ce n’est pas parce qu’il est meilleur. C’est parce qu’il est plus connu, et parce qu’on peut le demander seul, sans avoir à convaincre une entreprise d’abord.

Notre lecture, après sept ans à voir passer les deux : si tu as déjà un employeur intéressé, le Jeunes Pro te fait gagner des mois et t’évite l’aléa du tirage. Si tu n’en as pas encore, le PVT te met le pied ici et te laisse chercher — on t’explique tout dans notre guide du PVT Canada. Et rien n’interdit d’enchaîner l’un après l’autre, selon ta nationalité.

Et le VIE, dans tout ça ?

Le Volontariat international en entreprise est un dispositif français : c’est Business France qui l’encadre, ton entreprise qui te détache, et tu gardes un statut de volontaire plutôt que de salarié canadien. Côté immigration canadienne, en revanche, il n’y a pas de guichet spécial — ta demande passe par le volet Jeunes professionnels, et IRCC le dit noir sur blanc sur la fiche France.

Ce qui les sépare vraiment, ce n’est donc pas le permis, c’est le contrat derrière :

  • En VIE, tu restes rattaché·e à une entreprise française, avec une indemnité et une protection sociale françaises. Le cadre est confortable, le retour est prévu.
  • En Jeunes Pro, tu signes un contrat de travail canadien, avec un salaire canadien, des vacances canadiennes et des impôts canadiens. Tu construis une expérience locale, et c’est elle qui compte pour la suite.

C’est ce dernier point qui fait souvent pencher la balance pour les gens qui veulent rester.

Combien ça coûte, et combien de temps ça prend ?

  • 179,75 $ CA de frais de participation à EIC, à ta charge.
  • 85 $ CA de biométrie, si elle t’est demandée.
  • 230 $ CA de frais de conformité, à la charge de l’employeur — pas de la tienne.
  • 56 jours de traitement standard pour un permis EIC, à compter d’un dossier complet.

À quoi s’ajoute une dépense qu’on oublie systématiquement : l’assurance maladie, hospitalisation et rapatriement est obligatoire pour toute la durée du séjour, et l’agent des services frontaliers peut te la réclamer à l’arrivée. Une couverture plus courte que ton permis, et c’est ton permis qu’on raccourcit à la durée de l’assurance.

💡 Astuce Maplr : prends ton assurance pour la durée complète du permis, pas pour la durée de ton contrat. On a déjà vu un permis délivré pour douze mois au lieu de vingt-quatre à cause d’une attestation qui s’arrêtait un an plus tôt. Ça se corrige, mais ça coûte un aller-retour à la frontière.

Et après ? Ce que deux ans de Jeunes Pro t’ouvrent

C’est la vraie raison de s’y intéresser. Un permis Jeunes Professionnels, ce n’est pas seulement deux ans au Canada : c’est de l’expérience de travail canadienne qualifiée, et c’est la monnaie d’échange de presque tous les programmes de résidence permanente.

  • La catégorie de l’expérience canadienne, dans Entrée express, demande douze mois d’expérience au Canada en TEER 0, 1, 2 ou 3. Ton poste TI coche la case dès la première année.
  • Le PEQ, au Québec, s’adresse aux personnes qui travaillent déjà ici. Il a rouvert, et il reste la voie la plus directe pour qui est sur place — on détaille les conditions dans notre page sur le PEQ.
  • Et l’expérience locale pèse aussi dans le pointage du PSTQ, même quand on vise le volet des travailleurs qualifiés.

Chez les personnes qu’on accompagne, le passage vers la résidence permanente prend deux ans en moyenne à partir de l’arrivée. Ce n’est pas une promesse, c’est ce qu’on observe — et ça dépend beaucoup de la province, du programme et du moment. On a rassemblé les étapes dans notre dossier sur la résidence permanente.

Cinq choses qu’on aurait aimé savoir plus tôt 💡

  1. Le permis est lié au lieu, pas seulement à l’employeur. Un déménagement de bureau d’une ville à l’autre peut demander une mise à jour. Ça se règle, mais mieux vaut le savoir avant de signer un bail.
  2. Ton employeur doit déposer l’offre après ton invitation, pas avant. Chaque année, des candidat·es font payer les 230 $ à leur entreprise trop tôt et doivent recommencer.
  3. Le numéro d’offre en A est ta pièce maîtresse. Sans lui, ta demande n’avance pas. Réclame-le dès que l’employeur a payé, ne pars pas du principe qu’il te l’enverra spontanément.
  4. Un permis fermé ne t’enferme pas à vie. Si ça se passe mal, on peut changer d’employeur — c’est une démarche, pas une impasse. On l’a documentée dans changer d’employeur avec un permis de travail fermé.
  5. Négocie ton salaire comme un salaire canadien. Le fait d’arriver avec un permis ne justifie aucune décote. Notre simulateur de salaire te donne les fourchettes réellement pratiquées, par rôle et par niveau.

Ce que Maplr peut faire pour toi

On accompagne des profils TI vers le Canada depuis 2019 : plus de 250 personnes installées, seules ou en famille. Concrètement, sur un dossier Jeunes Pro :

  • On te présente à des entreprises qui recrutent — c’est le point de départ, parce que sans offre, pas de Jeunes Pro.
  • On explique le dispositif à l’employeur quand il ne le connaît pas, portail et frais compris. C’est souvent nous qui déminons cette conversation.
  • On vérifie ton code CNP avant que la lettre d’offre soit rédigée, pas après.
  • Nos conseillères en immigration prennent le relais une fois l’embauche conclue. Cet accès fait partie du programme, pour les personnes qui ont trouvé leur poste via Maplr.

C’est gratuit et sans engagement pour toi. Inscris-toi au programme, on regarde ton profil et on te dit franchement ce qui est jouable.

Questions fréquentes sur le permis Jeunes Professionnels

Faut-il déjà avoir un emploi pour demander un permis Jeunes Professionnels ?

Oui. C’est la différence de fond avec le PVT : le volet Jeunes professionnels suppose une offre d’emploi rémunérée, liée à ton développement professionnel, chez un employeur unique. Sans offre, la demande ne peut pas être déposée. En revanche, il n’y a pas de tirage au sort tant qu’il reste des places pour ta nationalité.

Le permis Jeunes Professionnels est-il ouvert ou fermé ?

Fermé. Il te lie à un employeur et à un lieu de travail pour toute sa durée. Ce n’est pas une impasse pour autant : changer d’employeur avec un permis fermé est une démarche prévue, que beaucoup de personnes qu’on accompagne ont déjà faite.

Un Belge peut-il demander un permis Jeunes Professionnels ?

Non. Pour la Belgique, seul le volet Vacances-travail est ouvert dans le cadre d’Expérience internationale Canada. Le chemin habituel est donc le PVT, puis un permis de travail classique une fois sur place. Pour la France, en revanche, les trois volets sont ouverts.

Mon métier en informatique est-il admissible ?

Oui, quel que soit ton code. Le volet demande un poste classé en TEER 0, 1, 2 ou 3 de la Classification nationale des professions. Sur les seize codes qui couvrent le numérique, douze sont en TEER 1, un en TEER 0 et trois en TEER 2. Aucun ne tombe en TEER 4.

Faut-il un CAQ pour travailler au Québec avec ce permis ?

Non. Le gouvernement du Québec range Expérience internationale Canada parmi les accords de réciprocité qui dispensent du Certificat d’acceptation du Québec. Ton employeur n’a pas non plus à obtenir d’étude d’impact sur le marché du travail.

Est-ce que le Jeunes Pro mène à la résidence permanente ?

Il y mène indirectement, et c’est son principal intérêt. Douze mois d’expérience canadienne qualifiée ouvrent la catégorie de l’expérience canadienne dans Entrée express, et le fait de travailler au Québec ouvre le PEQ. Chez les personnes qu’on accompagne, le passage prend deux ans en moyenne à partir de l’arrivée.

Les sources, pour vérifier par toi-même

Les règles d’immigration bougent vite. Les chiffres de cette page ont été vérifiés le 15 septembre 2026 — en cas de doute, la fiche de ton pays sur le site d’IRCC reste la référence.

Arrivée à Montréal dix jours avant la pandémie, avec un PVT et un CV de développeuse Java. Ensuite : permis ouvert, résidence permanente, citoyenneté, et une fille née ici. J’écris ce qu’on voit passer dans les dossiers qu’on accompagne depuis 2019.

Marion Felix

Cofondatrice, Maplr

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