Mis à jour le 15 septembre 2026
Réponse courte, avant tout le reste : pour travailler en informatique au Québec, ton diplôme français n’a besoin d’aucune démarche. Aucun métier de l’informatique — développeur·euse, analyste QA, analyste d’affaires, DevOps, architecte, chargé·e de projet — ne figure dans la liste des professions réglementées du Québec. Tu peux être embauché·e avec ton BTS, ta licence ou ton master, sans rien faire valider par personne.
L’évaluation comparative des études effectuées hors du Québec existe, elle coûte 141 $ CA depuis le 1er janvier 2026, et elle est utile — dans des cas précis qu’on détaille plus bas. Mais elle n’est ni obligatoire, ni une équivalence. Le gouvernement du Québec l’écrit noir sur blanc sur sa page destinée aux employeurs : l’évaluation comparative « n’est pas une équivalence de diplôme ni une équivalence de formation », et « ne remplace pas un permis d’exercice ».
Sur les 1 710 parcours scolaires qu’on a en base chez Maplr, on compte 662 masters, 299 licences, 143 diplômes d’ingénieur et 96 BTS. Depuis 2019, le diplôme n’a jamais été ce qui a fait basculer une entrevue technique. Ce qui la fait basculer, c’est ce que tu as livré, et la façon dont tu le racontes.
Ton diplôme est-il reconnu au Canada ? Ça dépend de ce que tu veux en faire
La question « est-ce que mon diplôme est reconnu » n’a pas une réponse unique, parce qu’au Québec il n’existe pas d’organisme qui transforme un diplôme étranger en diplôme québécois. Personne ne t’échange ta licence contre un baccalauréat de l’UQAM. Il y a seulement trois situations, et tu es forcément dans l’une des trois.
1. Tu veux travailler dans un métier non réglementé. C’est le cas de toute l’informatique. Tu n’as rien à faire. Ton employeur regarde ton expérience, ton code, ton entrevue technique, et c’est tout. La seule chose qui compte administrativement, c’est ton code CNP, qui décrit ton métier, pas ton diplôme.
2. Tu vises une profession réglementée. Génie, santé, droit, comptabilité, enseignement. Là, c’est l’ordre professionnel concerné qui décide, pas le ministère. Chaque ordre a ses propres règles, et une évaluation comparative ne les remplace pas.
3. Tu vises la fonction publique, un retour aux études ou certains programmes d’immigration. C’est le seul cas où l’évaluation comparative devient vraiment utile : elle donne à ton interlocuteur un repère officiel, émis par le gouvernement du Québec, dans un vocabulaire qu’il connaît.
L’évaluation comparative, c’est quoi au juste ?
C’est un avis d’expert émis par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration. Il indique le niveau de scolarité québécois auquel tes études peuvent être comparées. Rien de plus, rien de moins.
Trois choses à savoir avant de sortir ta carte bancaire :
- Ce n’est pas une équivalence. C’est une comparaison générale entre deux systèmes scolaires officiels, pas une validation de ton programme d’études.
- Ça ne remplace pas un permis d’exercice. Si tu vises un ordre professionnel, c’est l’ordre qui tranche.
- Depuis le 4 septembre 2025, la comparaison du domaine de formation n’apparaît plus sur le document. L’avis porte sur le niveau, pas sur la spécialité.
Ça ne veut pas dire que le document ne vaut rien — il est très bien fait, et un recruteur qui ne connaît pas ton système scolaire l’accueille avec soulagement. Ça veut dire qu’il faut savoir ce qu’on achète.
Tu peux en faire la demande directement sur la page officielle de quebec.ca.
Où se situe ton diplôme, et comment l’écrire sur ton CV
On a rassemblé dans un seul outil ce qu’on répète en visio depuis 2019 : le repère québécois de ton diplôme, la ligne exacte à recopier sur ton CV canadien, et la démarche à faire — ou l’absence de démarche, le plus souvent.
🍁Outil Maplr
Ton diplôme, son équivalent d'ici
Choisis ton dernier diplôme. On te dit à quel niveau québécois il se situe, la ligne exacte à écrire sur ton CV canadien, et si tu as une démarche à faire — ou pas.
Ton dernier diplôme obtenu
Les repères ci-dessus sont ceux qu'on observe sur les dossiers qu'on accompagne depuis 2019. Ils t'aident à te situer et à rédiger ton CV : ils ne remplacent pas une évaluation comparative des études effectuées hors du Québec, seul avis d'expert émis par le gouvernement du Québec.
Pourquoi ton diplôme n’est presque jamais le sujet en entrevue technique
Les postes pour lesquels on recrute chez Maplr, par volume : développeur·euse Java, analyste QA, analyste d’affaires, développeur·euse fullstack JS, analyste fonctionnel·le, DevOps, gestionnaire de projet, développeur·euse .NET, Product Owner, administrateur·rice système et réseau, analyste de données, Scrum Master. Aucun de ces métiers n’est réglementé au Québec. Il n’y a donc personne à convaincre avant l’employeur.
Et l’employeur, lui, regarde autre chose. Sur les 3 103 profils dont on connaît les années d’expérience, 2 319 en ont cinq ou plus — trois sur quatre. C’est le premier filtre d’un client, avant même la stack. Le diplôme arrive après, quand il arrive.
💡Conseil Maplr
Avant de payer une évaluation comparative, pose la question à l’employeur. En trois ans, on n’a pas vu un seul client du secteur de l’informatique l’exiger. Si personne ne te la demande, garde les 141 $ pour ta traduction de permis de conduire, qui elle, va te servir.
Le seul vrai piège : le mot « ingénieur »
Voilà l’erreur qui revient le plus souvent, et elle concerne 143 des parcours qu’on a en base. Au Québec, « ingénieur » n’est pas un niveau d’études, c’est un titre réservé, protégé par l’Ordre des ingénieurs du Québec. Tu peux parfaitement avoir un diplôme d’ingénieur français sans avoir le droit d’écrire « ingénieur » sur ta carte de visite.
Ça n’a aucune conséquence sur ta capacité à travailler en informatique. Développeur·euse senior, architecte logiciel, analyste-programmeur·euse : ces titres sont libres, et ce sont ceux que les clients d’ici utilisent de toute façon. Tu peux commencer un mandat demain.
Si en revanche tu veux porter le titre ou poser des actes réservés du génie, l’arrangement de reconnaissance mutuelle France-Québec t’ouvre un chemin : un permis restrictif temporaire, trois volets à valider (théorique, pratique, linguistique), du travail sous supervision immédiate, et 735 $ depuis le 1er avril 2026. Pendant cette période, le titre s’écrit « ingénieur PRT » ou « ingénieure PRT ». Tout est détaillé sur la page de l’Ordre consacrée aux diplômes français.
💡Astuce Maplr
Sur ton CV, écris « Diplôme d’ingénieur en informatique » dans la rubrique formation : c’est ton diplôme, tu as le droit de le nommer. Mais ne mets pas « Ingénieur logiciel » comme intitulé de poste si tu n’as pas le permis. La nuance paraît minuscule vue de France ; ici, elle est lue immédiatement.
Tu es encore à l’étranger : par quoi commencer
Dans cet ordre, et pas dans un autre :
- Trouve ton code CNP. C’est lui qui ouvre les programmes d’immigration, pas ton diplôme. Notre guide du code CNP te fait faire le tri en dix minutes.
- Refais ton CV au format d’ici. Une page ou deux, pas de photo, pas de date de naissance, les réalisations avant les responsabilités. On a mis tout ça dans notre guide du CV canadien.
- Regarde si une entreprise est prête à te parler. C’est la seule façon de savoir si ton profil passe. Et une offre en poche change complètement l’ordre des démarches d’immigration.
- L’évaluation comparative, seulement si on te la demande. Elle ne débloque rien toute seule, et six mois d’attente pour un document que personne ne réclame, c’est six mois perdus.
Tu es déjà au Québec : ce qui change
Presque rien, et c’est une bonne nouvelle. Si tu es ici avec un permis de travail, un PVT, un permis postdiplôme ou la résidence permanente, tu as déjà le droit de travailler : ton diplôme n’ajoute ni ne retire quoi que ce soit à ce droit.
Deux exceptions où l’évaluation comparative redevient intéressante : tu postules dans la fonction publique québécoise, qui raisonne en niveaux de scolarité ; ou tu envisages un retour aux études, et l’établissement te demandera de toute façon tes relevés — autant avoir un repère officiel en main.
Combien ça coûte, combien de temps ça prend
Les chiffres officiels, à la date de mise à jour de cet article :
- 141 $ CA pour une évaluation comparative, en vigueur depuis le 1er janvier 2026.
- 60 jours ouvrables si une lettre de priorité accompagne ta demande — elle peut venir d’un employeur, d’un ordre professionnel ou d’un bureau de Services Québec. C’est le délai tenu pour 80 % des demandes de cette catégorie.
- Jusqu’à 6 mois sans lettre de priorité, pour 80 % des demandes.
- 735 $ pour une demande de permis à l’Ordre des ingénieurs du Québec au titre de l’arrangement France-Québec, depuis le 1er avril 2026.
Côté dossier, prévois le formulaire A-0361-FO, une pièce d’identité, et surtout tes diplômes accompagnés des relevés de notes détaillés pour chacune des années d’études. C’est le point qui bloque le plus de dossiers : les relevés année par année, pas seulement le diplôme final. Les traductions doivent être officielles. Le détail est sur la page « Préparer votre demande » de quebec.ca.
💡Conseil Maplr
Demande tes relevés de notes détaillés à ton école avant de partir, tant que tu es encore dans le même fuseau horaire qu’elle. Récupérer un relevé de 2014 auprès d’un secrétariat français depuis Montréal, en août, c’est une expérience dont on se passe.
Comment écrire ton diplôme sur un CV canadien
La règle tient en une phrase : un recruteur québécois ne connaît pas tes sigles, il connaît les années. Alors traduis toujours ton diplôme en nombre d’années après le secondaire, puis ajoute le repère local entre parenthèses.
Trois exemples, tels qu’on les écrit dans les dossiers qu’on présente :
- « BTS Services informatiques aux organisations — Bac+2, comparable à un DEC technique (cégep) — France, 2018 »
- « Licence Informatique — Bac+3, premier cycle universitaire (équivalent d’un baccalauréat québécois) — France, 2019 »
- « Master 2 Génie logiciel — Bac+5, deuxième cycle universitaire (maîtrise) — France, 2021 »
Le piège classique dans l’autre sens : au Québec, « baccalauréat » désigne un diplôme universitaire de trois à quatre ans, pas la fin du lycée. Écrire « baccalauréat, 2016 » sans préciser laisse croire que tu as fait trois ans d’université. Ce n’est pas le genre de malentendu qu’on veut découvrir en entrevue. Le reste des règles de mise en forme est dans notre guide du CV canadien.
Tu viens d’un autre pays que la France ?
Alors tu es dans la majorité. Sur les 7 353 personnes inscrites chez Maplr qui ont déclaré leur nationalité, 2 994 sont françaises : six sur dix viennent d’ailleurs. Dans l’ordre, après la France : Maroc, Cameroun, Tunisie, Sénégal, Algérie, Côte d’Ivoire, Congo, Madagascar.
La logique est exactement la même. Une maîtrise marocaine, une licence sénégalaise, un diplôme d’ingénieur d’État tunisien se situent comme leurs homologues français : on compte les années après le secondaire. La seule différence, c’est que le recruteur connaît moins ton système — donc tu l’aides davantage. Une ligne de contexte sur l’établissement (« école publique d’ingénieurs, concours national d’entrée ») fait plus de travail qu’une page d’explications.
C’est aussi le cas de figure où l’évaluation comparative est le plus souvent rentable : elle donne au recruteur un repère émis par le gouvernement du Québec, dans un vocabulaire qu’il lit tous les jours.
Cinq choses qu’on aurait aimé savoir plus tôt 💡
- L’évaluation comparative ne crée pas un diplôme québécois. Elle situe le tien. Personne ne t’en délivrera un nouveau.
- Le mot « ingénieur » est réservé, le métier de développeur ne l’est pas. Ne bloque pas ton arrivée sur un titre dont tu n’as pas besoin.
- Les relevés de notes détaillés, année par année, sont le vrai goulot d’étranglement. Le diplôme seul ne suffit pas.
- Une lettre de priorité divise le délai par trois. Employeur, ordre professionnel ou Services Québec : si tu peux en obtenir une, demande-la avant de déposer.
- Ton code CNP compte plus que ton diplôme dans les programmes d’immigration. Commence par là.
Ce que Maplr peut faire pour toi
On est une firme de placement en informatique basée à Montréal. Concrètement, sur ce sujet :
- On regarde ton profil et on te dit franchement si ton diplôme pose un problème pour les postes qu’on a en ce moment — dans l’immense majorité des cas, la réponse est non.
- On reformule ta rubrique formation dans le vocabulaire d’ici, avec les bons repères, avant de présenter ton dossier à un client.
- Si un client demande une évaluation comparative, on te le dit tout de suite, et la lettre de priorité peut venir de nous.
- Si tu es encore à l’étranger, la personne de l’équipe qui suit ton dossier t’accompagne du premier échange jusqu’aux premières semaines ici.
C’est gratuit pour les talents, ça l’a toujours été. Tu peux t’inscrire ici ou regarder nos offres d’emploi en cours.
Questions fréquentes
Mon diplôme français est-il reconnu au Canada ?
Pour travailler en informatique, oui, sans aucune démarche : aucun métier de l’informatique ne figure parmi les professions réglementées du Québec. Pour une profession réglementée comme le génie ou la santé, c’est l’ordre professionnel concerné qui décide, et lui seul.
L'évaluation comparative est-elle obligatoire ?
Non. Elle est facultative, et le gouvernement du Québec précise qu’elle n’est ni une équivalence de diplôme, ni une équivalence de formation, et qu’elle ne remplace pas un permis d’exercice. Elle devient utile pour la fonction publique, un retour aux études, un ordre professionnel, ou quand un employeur la demande explicitement.
Combien coûte une évaluation comparative en 2026 ?
141 $ CA depuis le 1er janvier 2026. Le tarif est publié sur quebec.ca et révisé régulièrement : vérifie-le au moment de déposer ta demande.
Combien de temps faut-il attendre ?
60 jours ouvrables si ta demande est accompagnée d’une lettre de priorité d’un employeur, d’un ordre professionnel ou d’un bureau de Services Québec. Jusqu’à six mois sans cette lettre. Dans les deux cas, ces délais sont tenus pour 80 % des demandes.
Ma licence correspond à quoi au Québec ?
À un premier cycle universitaire, ce que le Québec appelle un baccalauréat. Attention au faux ami : le baccalauréat québécois dure trois à quatre ans et n’a rien à voir avec le bac français, qui marque la fin du secondaire. Sur ton CV, écris « Bac+3, premier cycle universitaire » pour lever toute ambiguïté.
Puis-je écrire « ingénieur » sur mon CV au Québec ?
Tu peux nommer ton diplôme : « Diplôme d’ingénieur en informatique » dans la rubrique formation ne pose aucun problème. En revanche, le titre d’ingénieur est réservé aux membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec : ne l’utilise pas comme intitulé de poste sans permis. Pour un rôle en informatique, ce titre n’est de toute façon jamais exigé.
Et si je n'ai pas de diplôme du tout ?
Ce n’est pas bloquant en informatique. Le marché québécois embauche sur les compétences démontrées : du code public, deux ou trois projets qu’on peut ouvrir, des certifications techniques reconnues. Assume la rubrique formation en une ligne plutôt que de la laisser vide, et fais porter ton CV par les réalisations.
Dois-je faire traduire mes diplômes ?
Pour une demande d’évaluation comparative, oui : les documents qui ne sont ni en français ni en anglais doivent être accompagnés d’une traduction officielle. Pour une candidature en entreprise au Québec, un diplôme français n’a besoin d’aucune traduction — tout se passe en français.
Je suis arrivée à Montréal en 2020 avec un diplôme d’ingénieure et beaucoup de questions sur sa valeur ici. Personne ne me l’a jamais demandé. Ce qu’on m’a demandé, c’est de parler de ce que j’avais construit en Java. Si tu hésites à dépenser 141 $ et six mois d’attente avant même d’avoir parlé à un employeur : commence par parler à l’employeur.

