Partir, puis revenir : Timothée raconte son retour au Canada après un PVT

Mis à jour le 27 octobre 2026

Timothée est arrivé au Canada en juillet 2021 avec un PVT, il est rentré en France en octobre 2023… et il est revenu en juillet 2025, cette fois en résidence permanente. Entre les deux : un an et demi en Alsace, une demande de RP menée depuis la France, et une certitude qui s’est installée doucement. Aujourd’hui, il est développeur, vit dans les Laurentides avec sa blonde, pêche dès qu’il peut et prépare l’achat d’une maison.

🍁Son parcours avec Maplr

Pour son deuxième départ vers le Québec, Timothée nous a fait confiance pour trouver son mandat à distance, depuis la France. On est heureux de l’avoir accompagné jusqu’à son retour : retrouver un emploi, concrétiser son installation, et décrocher un mandat qui lui permet de vivre dans les Laurentides. C’était son choix, et on tenait à ce qu’il puisse le faire.

Merci, Timothée, d’avoir pris le temps de nous raconter ton parcours. Ton témoignage a beaucoup de valeur pour toutes les développeuses et tous les développeurs qui rêvent, un jour, de s’installer au Québec.

Si tu as fait un PVT et que tu te demandes si tu as eu raison de rentrer — ou si tu hésites à repartir —, son parcours devrait te parler. On lui a posé toutes les questions qu’on reçoit de la part des personnes qu’on accompagne.

2021
arrivée au Canada avec un PVT
18 mois
de retour en France, en Alsace
2025
retour en résidence permanente
2 jours
par semaine au bureau, en train depuis les Laurentides

Le Canada, ce n’était pas une découverte pour toi en 2021. Comment tout a commencé ?

« Il y a quinze ans, j’ai fait mon stage de master à l’Université Laval, à Québec. Un master de biologie — l’informatique est venue après. Je savais déjà que le Québec me plaisait : l’environnement, les gens, la vie en général.

Avec ma blonde, on avait déjà fait un PVT en Australie, plutôt en mode voyage. On avait adoré. En rentrant en France, j’avais envie d’une autre expérience, et je lui ai proposé le Canada. Ça l’intéressait aussi, mais cette fois pour vraiment habiter et travailler. »

Pourquoi un PVT plutôt que la résidence permanente tout de suite ?

« Le PVT, c’est deux ans pour essayer, sans s’engager. C’était exactement ce qu’il nous fallait à ce moment-là. Et c’était avantageux : les salaires sont plus élevés qu’en France. À l’époque, l’écart avec le coût de la vie était encore plus grand qu’aujourd’hui. »

💡Conseil Maplr

Si tu vises le PVT, l’inscription au bassin se fait entièrement en ligne et les invitations sont tirées au sort. On a documenté chaque écran dans notre tutoriel d’inscription au PVT.

Deux ans de PVT quand on est développeur, ça ressemble à quoi ?

« On est arrivés en pleine période de COVID : il fallait avoir un emploi avant d’entrer au Canada. J’ai donc cherché depuis la France, et j’ai commencé à travailler dès mon arrivée. Ensuite, j’ai enchaîné sur un mandat dans une grande institution financière, sans interruption jusqu’en avril de la deuxième année.

Entre les deux, on a beaucoup voyagé : deux mois de road trip dans tout l’Est la première année — j’avais pris un congé sans solde l’été —, puis quatre mois à la fin du PVT, jusqu’à l’Ouest. Pour ce deuxième road trip, on a demandé une prolongation de séjour en tant que visiteurs, pour être tranquilles au passage de la frontière américaine. On est rentrés en France en octobre 2023. »

« Au PVT, tu sais que c’est temporaire. Tu es tout le temps en mode : il faut profiter à fond. »

Timothée debout sur un belvédère rocheux au-dessus du lac Louise turquoise, dans les Rocheuses
Au-dessus du lac Louise, pendant le grand road trip de fin de PVT.

Vous auriez pu rester. Pourquoi être rentrés ?

« C’était prévu dès le départ. Si ça n’avait tenu qu’à moi, je serais resté tout de suite. Mais on s’était dit qu’on rentrait, et ma blonde tenait à retrouver sa famille et ses amis. On a respecté ce qu’on avait décidé ensemble. »

Ce point mérite d’être dit : rentrer après un PVT, ce n’est pas un échec. Pour Timothée, c’est même ce qui a rendu le retour évident.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de revenir ?

« On est rentrés là où on habitait avant. On connaissait tout par cœur. Au bout de quelques mois, je trouvais ça monotone. La partie cool, c’était les gens : la famille, les amis. Mais tout le reste était mieux ici. Le travail, la paye, la nature.

Au Québec, tu as énormément de possibilités. Les choses sont loin, mais tu es plus libre. Alors un jour, on s’est dit tous les deux : franchement, on peut le tenter. Et cette fois, c’était une décision réfléchie, pas une envie de voyage. »

« La partie cool en France, c’était les gens. Tout le reste, pour moi, c’était mieux ici. »

Comment s’est passée la demande de résidence permanente ?

« On l’a faite depuis la France, par le Programme régulier des travailleurs qualifiés du Québec — le PRTQ. Tu cumulais des points : l’âge, le métier, le fait d’avoir déjà vécu au Québec… Développeur et la trentaine, avec deux ans d’expérience québécoise, on avait un bon profil. On a été invités rapidement.

La seule vraie difficulté, ça a été les formulaires. Je suis du genre à tout lire trois fois et à faire exactement ce qui est écrit. Et malgré ça, on a eu des retours qui ont rallongé le dossier de plusieurs mois à chaque fois. »

Le PRTQ a depuis été remplacé par le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). La logique reste la même — un profil, des points, des invitations —, mais les règles ont changé : consulte la page officielle du PSTQ avant de te lancer.

💡Astuce Maplr

Le formulaire fédéral demande tes adresses des dix dernières années, sans aucun trou. C’est une exigence qui surprend beaucoup de monde, et Timothée l’a appris à ses dépens : pendant ses road trips, il vivait en van. Reconstitue ton historique d’adresses (et de voyages) bien avant de déposer ta demande, à partir de tes anciens baux, factures et relevés. C’est le genre de détail que l’équipe vérifie avec toi quand on t’accompagne.

Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui commence ses démarches ?

« Deux choses. D’abord, suis exactement ce qu’ils demandent, et même un peu plus. Ensuite, et surtout : commence à l’avance. Ne te dis pas « je veux être au Canada en juillet » si tu commences en décembre. Donne-toi un an de plus. Nous, on n’avait aucun stress, ça pouvait prendre le temps que ça prenait, et on a eu notre résidence largement avant la date qu’on visait. »

« Donne-toi un an de marge. Comme ça, tu ne stresses pas. »

Revenir en RP, est-ce que ça change quelque chose par rapport au PVT ?

« Complètement. Pendant le PVT, on a déménagé trois fois — Montréal, Beaupré, le Lac-Saint-Jean —, sept ou huit mois à chaque endroit. Comme c’était temporaire, tu ne peux pas te poser. Tu n’achètes pas ton kayak, ton vélo, ton matériel.

Là, on sait que c’est pour longtemps. On repart de zéro, ça coûte cher au début, mais on achète exactement ce dont on a besoin. On parle d’acheter une maison. C’est un tout autre état d’esprit. »

Pourquoi les Laurentides plutôt que Montréal ?

« On ne serait pas revenus pour vivre en ville. On est très randonnée, kayak, pêche — l’été, on est sur l’eau toutes les semaines. Dans les Laurentides, il y a des lacs partout.

Attention, j’aime Montréal : on y a vécu huit mois, c’est une des meilleures villes qu’on ait connues pour y habiter. Mais si tu aimes la nature et le sport, c’est encore mieux autour.

Je vais au bureau deux jours par semaine, en train. Je travaille pendant le trajet, donc j’ai l’impression de ne rien perdre. En voiture, en revanche, je ne le ferais jamais : l’autre jour, on a mis presque deux heures pour arriver au centre-ville. »

💡Conseil Maplr

Vivre en région, c’est possible et beaucoup en profitent. Mais vérifie le mode de travail avant de choisir ton logement. Une bonne partie des mandats TI demandent une présence régulière dans le Grand Montréal, et certains clients privilégient les personnes qui en sont proches. Le télétravail partiel de Timothée rend son équilibre possible ; ce n’est pas le cas de tous les postes, ni de tous les métiers du couple.

Timothée en randonnée sur une passerelle en bois, devant des sommets des Rocheuses canadiennes
Sur les sentiers des Rocheuses : « Nous, on est très rando montagne. »

Et l’éloignement des proches, comment vous le vivez ?

« Pour moi, ça va. Pour ma blonde, ça a été plus difficile au début. Mais ça se tasse. Elle rentre en France l’été et à Noël, et ma famille vient souvent : mes parents viennent de passer six semaines chez nous. Pendant le PVT, ma mère était venue trois fois en moins de deux ans.

Et mon frère s’est installé ici aussi : il vient d’acheter une maison à trente minutes de chez nous, au bord d’un lac. J’ai aussi des amis d’Alsace un peu plus au nord. Tout ça aide à se sentir chez soi. »

C’est normal que le manque soit là, surtout les premiers mois. Être bien ici ne veut pas dire que la France ne manque pas. Ce qui aide, selon Timothée : prévoir les retours, et faire venir les proches. « Quand tu racontes le Québec en France, les gens entendent, mais ils ne comprennent pas. Quand ils viennent, ils voient les paysages. Mon père pêche, on va pêcher ensemble. »

Et ta blonde, elle a trouvé du travail ?

« Elle est prof d’anglais dans un cégep. Elle a eu un poste à temps plein à Mont-Tremblant, à quarante minutes de chez nous, et elle aimerait à terme se rapprocher de Saint-Jérôme, où l’équipe est plus grande. Le métier de prof ne t’oblige pas à vivre à Montréal, c’était important pour notre choix. »

Les Québécois, c’est comment au quotidien ?

« On a toujours un peu idéalisé le Québec, parce que nos premières expériences ont été bonnes. Je trouve l’accueil plus chaleureux qu’en France. Tu vas chercher un objet sur Marketplace, la personne te raconte toute sa vie. En randonnée, on discute cinq minutes avec des inconnus.

Se faire de vrais amis québécois, c’est un peu plus long. Mais je n’ai eu aucune difficulté d’adaptation. Même le manque de fromage, on s’y est fait. »

Et la poutine ? « Je suis fan, je pourrais en manger toutes les semaines. Je préfère celles de Montréal, un peu plus originales, avec du canard. Mais si je dois en citer une, c’est la réponse classique : La Banquise. »

Ton top du Canada, après quatre ans de road trips ?

  1. Les Rocheuses, largement — Banff, Jasper, toute la chaîne.
  2. Le parc des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse : falaises, bord de mer, beaucoup d’animaux.
  3. La région de Vancouver et l’île de Vancouver.
  4. Le parc national des Prairies, en Saskatchewan, « pour changer » : de grandes étendues et des bisons.
  5. Les Laurentides — « ce n’est pas le top voyage, c’est le top vie ».

Au Québec, ses coups de cœur sont Charlevoix — l’Acropole des Draveurs, « la Mecque de la rando québécoise », et les Morios, plus sauvages — et le parc national de la Gaspésie, où il est allé trois fois : « des orignaux, des caribous, c’est incroyable ».

Timothée en chemise à carreaux rouges devant des cheminées de fée dans les badlands
Road trip dans les badlands de l’Ouest canadien.

Une chose de la France que tu ramènerais ici ?

« Mes amis et ma famille, si j’ai le droit. C’est la seule chose qui me manque. Pour le reste, je ne regrette rien. »

« Ce qui nous a fait revenir, pour résumer ? La qualité de vie. »

Ce que Maplr peut faire pour toi

Le parcours de Timothée, on le voit souvent : un PVT qui confirme une intuition, un retour en France, puis l’envie de revenir pour de bon. On accompagne les talents TI depuis 2019 — plus de 250 personnes installées, seules ou en famille.

Concrètement, on peut t’aider à :

  • trouver un mandat avant de partir, avec un employeur qui connaît les démarches d’immigration ;
  • choisir la voie qui correspond à ton profil — PVT, permis de travail, résidence permanente ;
  • préparer ton dossier sans te perdre dans les formulaires.

👉 Découvre notre accompagnement ou inscris-toi au programme. Et si tu veux un panorama complet avant de te décider, notre guide Développeur au Canada reprend toutes les étapes.

Questions fréquentes

Peut-on revenir au Canada en résidence permanente après un PVT et un retour en France ?

Oui. Timothée a fait sa demande de résidence permanente depuis la France, un an et demi après la fin de son PVT. Ses deux années de travail au Québec ont renforcé son profil. Aujourd’hui, la voie équivalente pour le Québec est le PSTQ.

Faut-il vraiment déclarer toutes ses adresses des dix dernières années ?

Oui, et sans trou entre les périodes. Si tu as voyagé, vécu en van ou changé souvent de logement, reconstitue ton historique à partir de tes baux, factures et relevés bien avant le dépôt. Une période manquante peut rallonger ton dossier de plusieurs mois.

Combien de temps à l'avance faut-il commencer ses démarches ?

Timothée conseille de se donner un an de marge sur la date que tu vises. Les délais de traitement varient et des demandes de compléments peuvent arriver. Commencer tôt, c’est partir sans stress.

Peut-on être développeur et vivre loin de Montréal ?

Oui, si ton mandat le permet. Timothée vit dans les Laurentides et va au bureau deux jours par semaine en train. Vérifie le mode de travail du poste avant de choisir ton logement : beaucoup de mandats TI demandent une présence régulière dans le Grand Montréal.

Est-ce qu'on s'habitue à l'éloignement de sa famille ?

Les premiers mois sont souvent les plus difficiles, et c’est normal. Ce qui aide : prévoir des retours réguliers, faire venir ses proches et tisser un réseau sur place. Dans le cas de Timothée, avoir de la famille et des amis installés à proximité a beaucoup compté.

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