Mis à jour le 15 septembre 2026
Deux choses à savoir avant de lire le reste. La première : s’inscrire au bassin du PVT ne coûte rien. Créer son profil est gratuit, tu ne paies qu’une fois invité·e. Donc tu t’inscris, point. Il n’y a aucune raison de ne pas le faire.
La deuxième : au 11 septembre 2026, il restait 6 places pour la France, avec 20 182 personnes dans le bassin. Ce n’est pas une raison de renoncer, c’est une raison de ne pas miser uniquement là-dessus.
Je suis bien placée pour le dire : c’est avec un PVT que je suis arrivée à Montréal en 2020, et tout ce qui a suivi — permis ouvert, résidence permanente, citoyenneté — est parti de là. Ça marche. Mais ça se joue à la loterie, et une loterie ne se planifie pas. Voici les vrais chiffres, les vraies conditions, et ce qu’on fait quand le tirage ne tombe pas.

Le parcours, en quatre étapes
Avant d’entrer dans le détail, voici à quoi ressemble le chemin complet. Entre la première et la dernière étape, il peut s’écouler quelques semaines comme plusieurs mois — tout dépend du moment où ton nom sort.
1 — Inscription
Tu crées ton profil et tu le déposes dans le bassin. C’est gratuit, et rien ne t’engage.
2 — Invitation
Si ton nom sort à une ronde, tu reçois une invitation à présenter une demande.
3 — Demande de permis
Tu montes ton dossier : formulaire, documents, frais et biométrie.
4 — Permis de travail
Ta lettre d’introduction arrive, et ton permis t’est remis à l’arrivée au Canada.
C’est quoi le PVT, concrètement ?
Le Permis vacances-travail n’existe pas sous ce nom dans les textes officiels. Ce que tu cherches s’appelle Expérience internationale Canada (EIC), un programme de mobilité des jeunes qui compte trois catégories :
- Vacances-travail — c’est le PVT. Tu obtiens un permis de travail ouvert, c’est-à-dire que tu peux travailler pour l’employeur que tu veux, changer quand tu veux, ou ne pas travailler du tout. Pour la France, jusqu’à 24 mois.
- Jeunes professionnels — il faut une offre d’emploi liée à ton développement professionnel, et le permis est rattaché à cet employeur. C’est aussi la voie du VIE. On détaille tout ça dans notre guide du permis Jeunes Professionnels.
- Stage coop international — pour les stages obligatoires pendant les études.
Le permis ouvert du PVT, c’est sa vraie force. Quand on arrive en développement, pouvoir accepter un poste sans qu’un employeur ait à monter un dossier d’immigration change tout : tu passes des entrevues comme n’importe quel candidat local.
Qui peut s’inscrire ?
Les conditions sont fixées pays par pays. Pour un·e citoyen·ne français·e qui vise la catégorie Vacances-travail, il faut :
- avoir entre 18 et 35 ans inclusivement ;
- un passeport français valide pendant toute la durée du séjour — et c’est un piège : ton permis de travail ne pourra pas dépasser la date d’expiration de ton passeport, même si le PVT en donne 24 ;
- 2 500 $ CA minimum pour couvrir tes dépenses à l’arrivée ;
- une assurance maladie pour toute la durée du séjour ;
- un billet retour, ou de quoi te le payer à la fin ;
- ne pas être accompagné·e de personnes à charge ;
- ne pas être interdit·e de territoire.
La liste officielle, pays par pays, est sur la page Qui peut présenter une demande d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Sélectionne ton pays et ta catégorie, les critères changent d’un pays à l’autre.

Comment on s’inscrit, étape par étape
L’inscription se fait en trois temps, et c’est gratuit du début à la fin :
- Créer un compte sur le portail d’Immigration Canada.
- Remplir son profil EIC — état civil, passeport, catégorie visée.
- Soumettre son profil dans le bassin Vacances-travail. À partir de là, tu peux être invité·e à n’importe quelle ronde.
Chaque écran est détaillé, captures à l’appui, dans notre tutoriel d’inscription au bassin EIC. Compte une bonne heure la première fois, surtout si tu dois retrouver tes dates de voyage des dix dernières années.
Quelles sont tes vraies chances cette saison ?
C’est la question que tout le monde pose, et pour une fois la réponse est publique et chiffrée. IRCC met à jour les compteurs chaque vendredi, sur la page des rondes d’invitations.
Au 11 septembre 2026, pour la catégorie Vacances-travail :
| Saison 2026 | France | Belgique |
|---|---|---|
| Quota de la saison | 5 661 | 725 |
| Invitations déjà envoyées | 7 825 | 1 106 |
| Places encore disponibles | 6 | 1 |
| Candidats dans le bassin | 20 182 | 327 |
| Chance à la prochaine ronde | très faible | très faible |
Deux choses surprennent dans ce tableau, et elles méritent une explication.
Pourquoi 7 825 invitations pour un quota de 5 661 ? Parce qu’une partie des personnes invitées ne donnent pas suite : elles refusent, laissent l’invitation expirer, ou voient leur demande de permis refusée. IRCC sur-invite donc volontairement pour atteindre le quota. C’est une bonne nouvelle pour toi : ton profil reste dans le bassin et peut être tiré tard dans la saison.
Et pourquoi la Belgique, avec un quota huit fois plus petit, s’en sort mieux ? Parce que le bassin y compte 327 personnes contre 20 182. Ce qui compte, ce n’est jamais le quota seul, c’est le rapport entre les places et le nombre de candidats.
La première ronde de la saison 2026 a eu lieu la semaine du 19 janvier. La dernière sera annoncée avec au moins cinq jours de préavis. On suit les rondes au fil de l’eau dans notre page sur le tirage au sort et les rondes d’invitation.
Combien ça coûte ?
Déposer ton profil dans le bassin est gratuit. Tu ne paies rien tant que tu n’es pas invité·e — c’est exactement pour ça qu’il faut s’inscrire même si tu hésites encore sur ton projet.
Une fois l’invitation reçue, les frais sont ceux-ci, d’après la liste officielle des frais d’IRCC mise à jour le 2 juillet 2026 :
- participation à Expérience internationale Canada : 184,75 $ CA ;
- permis de travail ouvert : 100 $ CA ;
- biométrie, par personne : 85 $ CA.
Soit 369,75 $ CA, environ 240 €. À quoi s’ajoutent l’assurance, le billet d’avion et les 2 500 $ CA que tu dois pouvoir montrer. Pour le reste du budget d’arrivée, on a chiffré le quotidien réel dans notre article sur le coût de la vie à Montréal.
L’assurance : le piège du rapatriement au Québec
Celui-là, on le voit passer chaque année, et il coûte cher à découvrir sur place.
L’assurance maladie est obligatoire pour toute la durée de ton PVT, et tu peux avoir à en fournir la preuve à ton arrivée. Jusque-là, tout le monde suit. Ce que beaucoup ignorent : si tu travailles au Québec, tu peux être admissible à la RAMQ, le régime public — sauf que la RAMQ ne couvre pas le rapatriement, et que le rapatriement fait partie des exigences d’EIC.
On détaille les options dans notre article sur l’assurance voyage pendant un PVT, et le fonctionnement du régime public dans celui sur le système de santé au Québec.
Le tirage ne tombe pas ? Voici les autres portes
C’est là que je vais être franche, parce que c’est le conseil que j’aurais aimé recevoir. Le PVT est une porte formidable, et c’est la mienne. Mais c’est une loterie, et on ne construit pas un projet de vie sur une loterie. Quand on travaille en informatique, il existe d’autres chemins — et plusieurs sont plus rapides.
- Le permis de travail fermé, via un employeur. Une entreprise canadienne t’embauche et soutient ta demande. C’est le chemin de la majorité des développeuses et développeurs qu’on accompagne, et il ne dépend d’aucun tirage. C’est aussi exactement notre métier : on présente des profils à des entreprises qui recrutent réellement à l’international.
- Le volet Jeunes professionnels. Même programme EIC, mais avec une offre d’emploi. Les bassins y sont beaucoup moins encombrés que celui du PVT, et personne n’y pense.
- La résidence permanente directement. Entrée express côté fédéral, PSTQ côté québécois. C’est plus long, mais ça ne dépend pas d’un employeur ni d’un tirage. Notre outil Immigrer au Canada : quelle voie ? te situe en quelques questions.
La bonne stratégie, ce n’est pas de choisir : inscris-toi au bassin du PVT puisque c’est gratuit, et avance en parallèle sur une deuxième voie. Si le tirage tombe, tu prends. S’il ne tombe pas, tu n’as pas perdu ton année.
Et après le PVT, comment rester ?
C’est la question qui arrive vers le douzième mois, et mieux vaut se la poser au sixième. Un PVT de 24 mois passe vite, et la transition se prépare longtemps à l’avance.
- Un permis de travail fermé. Ton employeur du moment, ou un autre, soutient ta demande. C’est la suite la plus fréquente quand on est déjà en poste et que ça se passe bien.
- La résidence permanente. Les mois travaillés en PVT comptent comme expérience canadienne, et c’est précisément ce qui fait basculer un dossier. C’est ce qui s’est passé pour moi : le PVT a servi de rampe, pas de destination.
- Le statut implicite. Si tu déposes ta demande de nouveau permis avant l’expiration du précédent, tu peux continuer à travailler en attendant la décision. On explique le mécanisme dans notre article sur le statut implicite.
Le PVT ne se renouvelle pas : pour un citoyen français, c’est une participation, une seule. Ce qui se prépare, c’est la suite.

Ce que Maplr peut faire pour toi
On accompagne des développeurs et des profils en informatique vers le Canada depuis 2019 — plus de 250 personnes, seules ou en famille. Sur le PVT, notre rôle est simple et honnête : on ne peut rien faire pour ton tirage au sort, personne ne le peut. En revanche, on peut faire en sorte que tu ne dépendes pas de lui.
- On regarde ton profil et on te dit quelle voie va le plus vite dans ta situation.
- On te présente à des entreprises qui recrutent à l’international et qui savent monter un dossier de permis de travail.
- On relit ton CV au format canadien avant que tu l’envoies partout.
Inscris-toi au programme Maplr pour qu’on regarde ton dossier, ou viens nous en parler si tu préfères commencer par une conversation. Et si tu es déjà au Canada, nos postes ouverts sont à jour.
Questions fréquentes sur le PVT au Canada
Le PVT Canada est-il gratuit ?
S’inscrire dans le bassin est entièrement gratuit : tu ne paies rien tant que tu n’as pas reçu d’invitation. Une fois invité·e, compte 184,75 $ CA de frais de participation à Expérience internationale Canada, 100 $ CA pour le permis de travail ouvert et 85 $ CA de biométrie, soit 369,75 $ CA au total. C’est pour cette raison qu’on conseille de déposer son profil même quand le projet n’est pas encore certain.
Quel âge faut-il pour faire un PVT au Canada ?
Pour un citoyen français, il faut avoir entre 18 et 35 ans inclusivement au moment de la demande. La limite d’âge varie selon les pays : certains s’arrêtent à 30 ans. Vérifie la fiche de ton pays sur le site d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada avant de t’inscrire.
Combien de temps dure un PVT au Canada ?
Jusqu’à 24 mois pour les citoyens français. Attention toutefois : ton permis de travail ne peut pas être valide plus longtemps que ton passeport. Un passeport qui expire dans quinze mois donnera un permis de quinze mois, pas de vingt-quatre. C’est la raison la plus fréquente d’un PVT raccourci.
Quelles sont les chances d'être tiré au sort pour le PVT Canada ?
Elles dépendent de la saison et du pays, et elles sont publiques. Au 11 septembre 2026, pour la France, il restait 6 places pour 20 182 candidats dans le bassin, et Immigration Canada affichait une probabilité « très faible » pour la ronde suivante. Les compteurs sont mis à jour chaque vendredi sur la page des rondes d’invitations. Le bon réflexe reste de s’inscrire, puisque c’est gratuit, tout en avançant sur une autre voie en parallèle.
Peut-on faire deux fois le PVT au Canada ?
Non, pas pour un citoyen français : la catégorie Vacances-travail n’autorise qu’une seule participation. En revanche, s’il s’agit de ta première participation, tu peux encore participer une fois via le Stage coop international. Et les personnes qui n’ont participé qu’une seule fois avant 2015 sont admissibles à une seconde participation dans la catégorie de leur choix.
L'assurance est-elle obligatoire pendant un PVT au Canada ?
Oui, pour toute la durée du séjour, et une preuve peut t’être demandée à l’arrivée. Au Québec, tu peux être admissible au régime public d’assurance maladie, mais celui-ci ne couvre pas le rapatriement, qui fait partie des exigences du programme. Il faut donc une couverture complémentaire incluant le rapatriement, même si tu es inscrit·e à la RAMQ.
Combien d'argent faut-il avoir pour partir en PVT au Canada ?
Le minimum exigé est de 2 500 $ CA pour couvrir tes dépenses à l’arrivée, en plus d’un billet retour ou des fonds nécessaires pour l’acheter. Dans les faits, prévois davantage : premier loyer, dépôt, équipement d’hiver et quelques semaines de recherche d’emploi arrivent tous en même temps.
Que faire après un PVT pour rester au Canada ?
Trois suites possibles : un permis de travail fermé soutenu par un employeur, une demande de résidence permanente — les mois travaillés en PVT comptent comme expérience canadienne et pèsent lourd dans un dossier —, ou le statut implicite qui te permet de continuer à travailler pendant l’étude d’une nouvelle demande déposée avant l’expiration de ton permis. Le PVT lui-même ne se renouvelle pas.
Arrivée à Montréal en 2020 avec un PVT et un CV de développeuse Java, puis permis ouvert, résidence permanente et citoyenneté. J’écris ici ce qu’on voit vraiment passer dans les dossiers qu’on accompagne depuis 2019.

