Le permis de travail fermé au Canada : conditions, frais et changement d’employeur

Mis à jour le 16 septembre 2026

Le permis de travail fermé a mauvaise réputation, et c’est en grande partie un malentendu. Oui, il te lie à un employeur précis. Non, il ne t’enferme pas : depuis une politique d’IRCC signée le 4 mars 2025, tu peux commencer à travailler pour un nouvel employeur avant même que ta nouvelle demande soit traitée, avec une autorisation qui arrive en 10 à 15 jours.

C’est aussi la porte la plus fréquente quand on est développeur ou développeuse et qu’on vise le Canada sans passer par la loterie du PVT. Sur les 6 985 personnes qui nous ont dit leur situation en s’inscrivant chez Maplr, 109 avaient déjà un permis fermé — mais près de 4 900 n’avaient encore aucun statut. Autrement dit : pour la plupart des gens qui lisent cette page, le permis fermé est devant eux, pas derrière.

Voici ce qu’il est vraiment, ce qu’il coûte, combien de temps il prend, et comment en changer sans arrêter de travailler.

155 $ CA
les frais de permis, à ta charge
1 000 $ CA
l’EIMT, à la charge de l’employeur
10 à 15 jours
pour être autorisé·e à changer d’employeur
109
personnes en permis fermé sur les 6 985 qui nous ont dit leur statut
Personne au travail dans un bureau canadien avec un permis de travail lié à un employeur
Un permis fermé nomme un employeur. Il ne t’attache pas à lui pour autant.

C’est quoi, un permis de travail fermé ?

Son vrai nom, dans les textes d’IRCC, c’est le permis de travail lié à un employeur donné. « Fermé », c’est le mot que tout le monde emploie, y compris nous.

Concrètement, trois informations sont imprimées dans la section « Renseignements supplémentaires » de ton permis :

  • le nom de l’employeur pour lequel tu peux travailler ;
  • le lieu où tu peux travailler ;
  • la profession que tu peux exercer.

Et une date d’expiration. Tant que tu respectes ces conditions, tu travailles légalement. Si l’une change — nouvel employeur, nouveau poste, déménagement dans une autre province — il faut demander un nouveau permis. C’est tout ce que veut dire « fermé ».

À l’inverse, le permis ouvert du PVT ne nomme personne : tu travailles où tu veux. La contrepartie, c’est qu’il se joue au tirage au sort, et qu’un citoyen français n’y a droit qu’une fois.

💡 Conseil Maplr : ton permis ne pourra jamais dépasser la date d’expiration de ton passeport. C’est le détail qui raccourcit le plus de permis, et il se règle des mois à l’avance, gratuitement, en refaisant ton passeport avant de déposer ta demande.

Comment on l’obtient : les deux portes

Il n’y en a que deux, et la différence change tout pour ton employeur.

1. Avec une EIMT. L’entreprise demande une évaluation de l’impact sur le marché du travail à Emploi et Développement social Canada : elle doit montrer qu’embaucher à l’étranger ne nuit pas au marché du travail canadien. C’est la voie classique du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

2. Sans EIMT, via le Programme de mobilité internationale. Des catégories entières en sont dispensées : accords internationaux, mutations intra-entreprise, volet Jeunes professionnels, titulaires d’un CSQ au Québec. L’employeur dépose alors une offre d’emploi dans le Portail des employeurs, et c’est nettement plus rapide.

La règle complète est sur la page d’IRCC consacrée au permis de travail lié à un employeur donné.

💡 Astuce Maplr : quand une entreprise te dit « on ne fait pas d’immigration, c’est trop lourd », elle pense presque toujours à l’EIMT. Demande-lui si le poste n’entre pas dans une dispense : beaucoup de profils en informatique y entrent, et la conversation change de ton en deux minutes. C’est exactement ce qu’on fait à sa place quand on présente un dossier.
Passeport et documents de voyage préparés pour une demande de permis de travail au Canada
Le passeport, c’est la première date à regarder. Avant même l’offre d’emploi.

Combien ça coûte, et qui paie quoi ?

C’est la question qu’on nous pose le plus, et la réponse rassure presque toujours : l’essentiel de la facture n’est pas pour toi.

Poste Montant Qui paie
Permis de travail (et prolongations) 155 $ CA toi
Biométrie, par personne 85 $ CA toi
EIMT, par poste demandé 1 000 $ CA l’employeur
Frais de conformité (dispense d’EIMT) 230 $ CA l’employeur

Soit 240 $ CA de ta poche, et le reste pour l’entreprise. Les montants viennent de la liste des frais d’IRCC, mise à jour le 2 juillet 2026, et des exigences du Programme pour les postes à haut salaire.

À quoi s’ajoutent, côté budget réel : le billet d’avion, l’assurance des premières semaines, le premier loyer et son dépôt. On a chiffré le quotidien dans notre article sur le coût de la vie à Montréal.

Combien de temps ça prend ?

Là, on ne va pas te donner un chiffre : il bouge toutes les semaines, et selon que tu déposes depuis la France ou depuis le Canada, l’écart se compte en mois. IRCC publie l’information à jour dans son outil de vérification des délais de traitement — choisis « Permis de travail », puis ton pays.

Ce qu’on peut te dire, en revanche, c’est où le temps se perd vraiment : rarement chez IRCC, souvent avant. L’EIMT se demande, s’affiche, se traite. Le passeport se refait. Le certificat de police se commande. Ces semaines-là sont les tiennes, et ce sont celles sur lesquelles tu peux agir.

Personne consultant le portail d'Immigration Canada pour une demande de changement d'employeur
Depuis mars 2025, on n’attend plus la décision pour commencer chez un nouvel employeur.

Peux-tu changer d’employeur ? Oui — et sans arrêter de travailler

C’est le point où presque tout ce qui se lit en ligne est périmé, alors reprenons-le proprement.

Ton permis nomme un employeur : pour en changer, il faut une nouvelle demande de permis de travail, avec une nouvelle offre d’emploi, et une EIMT ou une dispense pour le nouveau poste. Ça, ça n’a pas changé.

Ce qui a changé, c’est qu’on n’attend plus la décision pour commencer. Une politique d’intérêt public d’IRCC, signée le 4 mars 2025, remplace celle de la pandémie de 2020 et n’a pas de date de fin : elle court jusqu’à ce que le ministre la révoque. Elle te permet de démarrer chez ton nouvel employeur pendant que ta demande est à l’étude.

La marche à suivre tient en trois temps :

  1. Dépose d’abord ta nouvelle demande de permis de travail. Rien ne fonctionne sans ça.
  2. Remplis ensuite le formulaire Web d’IRCC pour demander l’autorisation de travailler pendant le traitement — en indiquant le code PPCHANGEREMPLOI2020. Ce code est ce qui met ta demande dans la bonne file.
  3. Attends le courriel d’autorisation : compte 10 à 15 jours. Tu commences à travailler à sa réception, pas avant.

Le détail de la procédure est sur la page d’IRCC Changer d’emploi ou d’employeur.

💡 Astuce Maplr : ce courriel d’autorisation n’est pas ton permis de travail. Il t’autorise à travailler en attendant la décision, et il se garde précieusement — c’est lui que tu montreras à ton employeur, et parfois à un agent. Beaucoup de gens le rangent dans un dossier de courriels jamais rouvert, puis le cherchent en panique six mois plus tard.

Et si tu déposes ta demande avant l’expiration de ton permis actuel, tu bascules en statut maintenu — tu continues à travailler aux conditions de l’ancien permis pendant l’étude du nouveau. On explique le mécanisme dans notre article sur le statut implicite.

Tu es au Québec avec un CSQ ? Les codes A73 et A75

Si tu cherches « permis de travail A73 » ou « A75 », c’est probablement parce que tu as vu ces lettres sur un document et que personne ne t’a expliqué ce qu’elles voulaient dire.

Ce sont des codes de dispense d’EIMT du Programme de mobilité internationale, réservés aux personnes titulaires d’un CSQ dont la demande de résidence permanente est en traitement. Deux choses à retenir :

  • ton employeur n’a pas besoin d’EIMT — c’est tout l’intérêt, et c’est un argument qui se dit en entrevue ;
  • le permis reste lié à un employeur donné. Dispense d’EIMT ne veut pas dire permis ouvert, et c’est la confusion la plus fréquente sur ces codes.

Lequel des deux s’applique à ta situation dépend de ton statut au moment de la demande. C’est une question à poser à la personne de l’équipe qui suit ton dossier, ou à une conseillère en immigration : deux situations qui se ressemblent peuvent relever de codes différents.

Ce qu’un permis fermé ne t’empêche pas de faire

La liste est plus longue qu’on ne le croit, et c’est elle qui compte pour la suite.

  • Accumuler de l’expérience canadienne. Chaque mois travaillé compte pour Entrée express et pour les programmes québécois. C’est précisément ce qui fait basculer un dossier de résidence permanente.
  • Déposer une demande de résidence permanente pendant que tu travailles. Les deux processus avancent en parallèle, ils ne s’excluent pas.
  • Faire venir ta famille. Ton conjoint ou ta conjointe peut être admissible à un permis de travail ouvert, et les enfants à l’école publique.
  • Changer d’employeur, on vient de le voir.
  • Refuser des conditions qui ne te conviennent pas. Un permis fermé ne suspend aucun de tes droits : les normes du travail s’appliquent à toi comme à n’importe quel salarié.

Pour la suite du parcours, on a détaillé les voies possibles dans notre guide du développeur au Canada.

Cinq choses qu’on aurait aimé savoir plus tôt 💡

  1. Le passeport avant tout. Ton permis s’arrête à la date de ton passeport. Un passeport refait à temps, c’est parfois deux ans de Canada au lieu d’un.
  2. Le code PPCHANGEREMPLOI2020 n’est pas un détail. Sans lui, la demande d’autorisation part dans la file générale, et les 10 à 15 jours deviennent des mois.
  3. Dépose avant l’expiration, toujours. Un jour de retard et tu perds le statut maintenu ; tu dois alors arrêter de travailler et demander une restauration de statut, qui coûte 401,25 $ CA.
  4. La dispense d’EIMT se vend en entrevue. Si ton profil y donne droit, dis-le dès le premier échange : tu fais économiser 1 000 $ et plusieurs semaines à l’entreprise.
  5. Garde tout. Lettres d’emploi, bulletins de paie, courriels d’IRCC. Le dossier de résidence permanente te les redemandera, et les employeurs changent.
Développeurs de la communauté Maplr réunis dans un chalet au Québec
Une fin de semaine de la communauté Maplr. Beaucoup sont arrivés avec un permis fermé.

Ce que Maplr peut faire pour toi

On accompagne des développeurs et des profils en informatique vers le Canada depuis 2019 — plus de 250 personnes, seules ou en famille. Sur le permis fermé, notre rôle est très concret.

  • On te présente à des entreprises qui savent monter un dossier de permis de travail. C’est le vrai filtre : beaucoup d’entreprises recrutent, peu savent faire, et c’est là qu’on gagne des mois.
  • On regarde si ton profil entre dans une dispense d’EIMT avant de lancer quoi que ce soit. Ça change le discours à tenir en entrevue.
  • On relit ton CV au format canadien avant que tu l’envoies partout.
  • On te dit quelle voie va le plus vite dans ta situation — permis fermé, volet Jeunes professionnels ou résidence permanente directe.

Inscris-toi au programme Maplr pour qu’on regarde ton dossier, ou viens nous en parler si tu préfères commencer par une conversation. Et si tu veux voir ce qui se passe en ce moment, nos postes ouverts sont à jour.

Questions fréquentes sur le permis de travail fermé

C'est quoi un permis de travail fermé au Canada ?

C’est un permis de travail lié à un employeur donné : il nomme l’entreprise pour laquelle tu peux travailler, le lieu de travail et la profession. Tant que tu respectes ces trois conditions, tu travailles légalement. Pour en changer, il faut une nouvelle demande de permis.

Quelles sont les conditions pour obtenir un permis de travail fermé ?

Il te faut une offre d’emploi d’un employeur canadien qui n’est pas sur la liste des employeurs non conformes, et selon les cas une EIMT positive ou une dispense d’EIMT. S’ajoutent les conditions générales : passeport valide, absence d’interdiction de territoire, et parfois un examen médical selon le poste et le pays de résidence.

Peut-on changer d'employeur avec un permis de travail fermé ?

Oui. Il faut déposer une nouvelle demande de permis avec la nouvelle offre d’emploi, puis demander l’autorisation de travailler pendant le traitement via le formulaire Web d’IRCC, en indiquant le code PPCHANGEREMPLOI2020. La réponse arrive en 10 à 15 jours environ, et tu commences à travailler à sa réception.

Combien de temps prend un permis de travail fermé ?

Le délai dépend du pays depuis lequel tu déposes et il change chaque semaine : IRCC le publie dans son outil de vérification des délais de traitement. En pratique, l’essentiel du temps se joue avant le dépôt — obtenir l’EIMT, refaire le passeport, réunir les documents.

Quelle différence entre un permis de travail fermé et un permis ouvert ?

Le permis ouvert ne nomme aucun employeur : tu travailles pour qui tu veux, tu changes quand tu veux. Le permis fermé te lie à un employeur précis. Le PVT et certains permis de conjoint sont ouverts ; la grande majorité des permis obtenus grâce à une offre d’emploi sont fermés.

Faut-il une EIMT pour un permis de travail fermé ?

Pas toujours. Les postes du Programme des travailleurs étrangers temporaires en demandent une, à 1 000 $ CA par poste pour l’employeur. Mais des catégories entières en sont dispensées via le Programme de mobilité internationale : accords internationaux, mutations intra-entreprise, volet Jeunes professionnels, titulaires d’un CSQ. L’employeur paie alors 230 $ CA de frais de conformité.

Que se passe-t-il si je perds mon emploi avec un permis fermé ?

Ton statut de résident temporaire reste valide jusqu’à la date inscrite sur ton permis : tu ne dois pas quitter le pays du jour au lendemain. Tu ne peux simplement pas travailler pour quelqu’un d’autre tant que la nouvelle demande n’est pas déposée et l’autorisation reçue. Plus tôt tu déposes, plus courte est la coupure.

Un permis de travail fermé permet-il de demander la résidence permanente ?

Oui, et c’est même la suite la plus fréquente. Les mois travaillés au Canada comptent comme expérience canadienne pour Entrée express et pour les programmes québécois. Les deux démarches avancent en parallèle : rien ne t’oblige à attendre la fin de ton permis pour déposer.

Arrivée à Montréal en 2020 avec un PVT et un CV de développeuse Java, puis permis ouvert, résidence permanente et citoyenneté. J’écris ici ce qu’on voit vraiment passer dans les dossiers qu’on accompagne depuis 2019.

Le parcours de Marion Felix

Marion Felix

Cofondatrice, Maplr

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